Homme de 55 ans
Pendant longtemps, j’ai cru que ce que je portais en moi était simplement une partie de ma personnalité. Le stress constant, la honte, le malaise, le besoin de jouer un rôle avec les autres. Je survivais comme je pouvais, sans comprendre que certaines blessures venaient de beaucoup plus loin.
Quand j’ai commencé mes démarches avec le CAVAS, je n’étais pas encore prêt à voir toute la réalité. Il y avait encore du déni, de la confusion, des morceaux manquants. Mais quelque chose en moi savait déjà que ce que j’avais vécu avait laissé des traces profondes.
Le travail amorcé avec le CAVAS a ouvert une porte difficile, mais nécessaire. J’ai commencé à comprendre que certains gestes vécus durant mon enfance n’étaient pas normaux. Que mon corps, mon anxiété, ma honte et mes difficultés relationnelles ne sortaient pas de nulle part.
L’intervenante qui m’accompagnait avait une présence extrêmement calme et douce. Il n’y avait jamais de pression ni de jugement. Ce climat m’a permis de baisser mes défenses tranquillement, de parler plus librement et d’aller plus en profondeur en moi-même. Pour quelqu’un qui a vécu longtemps dans la peur, la honte ou le silence, cette manière d’être fait une immense différence.
Ce processus continue encore aujourd’hui. Certaines prises de conscience ont été extrêmement bouleversantes. Sortir du déni, ce n’est pas seulement comprendre avec sa tête. C’est voir toute sa vie autrement.
Je ne peux pas dire que tout est réglé. Je suis encore en reconstruction. Mais je peux dire une chose : le fait d’avoir été écouté sans jugement a eu un impact réel dans mon parcours.
Le CAVAS a été une des premières places où j’ai senti que je pouvais commencer à regarder la vérité sans avoir à me défendre ou à me taire.