Homme de 65 ans
Ma psychologue (à qui j’en ai parlé seulement en 2025) m’a parlé du C.A.V.A.S. que je ne connaissais pas. J’ai vu sur leur site web que les hommes attendent plus de 20 ans avant de parler de leur agression. Moi, j’en étais à 45 ans… Lorsque j’ai trouvé le courage d’appeler (j’en tremblais), j’ai été accueilli avec délicatesse et empathie. On m’a renseigné et on m’a dit qu’une intervenante allait me rappeler. J’étais tellement rassuré et fier d’avoir fait ce pas. C’était pour moi une grande victoire, après toutes ces années à refouler. Nous étions en mai 2025 quand une intervenante m’a rappelé, nous avons convenu de nous rencontrer en virtuel puisque je n’étais pas de la région. Mon intervenante m’a mis en confiance dès le début et je n’ai pas hésité à lui parler de ce que j’avais vécu. Elle me disait que je pouvais prendre mon temps pour lui parler de mon agression, mais moi, je voulais plonger dans le vif du sujet le plus tôt possible alors je me suis ouvert rapidement. C’était la première fois où j’ai été capable de décrire mon agression. J’étais déterminé à travailler fort pour m’en sortir. Une autre victoire dans mon cheminement. Au fil de nos rencontres, j’ai compris que j’avais eu beaucoup d’impacts dans ma vie suite à mon agression et le fait de les identifier et d’en parler m’a grandement aidé à les surmonter.
J’ai bien quelques défis (minimes) qui me restent de cette agression mais je me dis que mon rétablissement est vraiment sur la bonne voie et qu’enfin, j’ai réussi à tourner la page. Les années qu’il me reste à vivre ne seront plus teintées par ce nuage qui a été trop longtemps au-dessus de moi. Bien que ce soit moi qui ai fait le travail, le C.A.V.A.S. a su m’outiller et me guider pour que je puisse me rétablir. Comme mon intervenante a bien exprimé en mots ce que je vivais, j’ai repris le pouvoir sur ma vie. Il y a bien eu un « avant » et il y a un « après » et dans mon cas, mon « après » a retrouvé le soleil.